Les galles du Vexin-Thelle : buis, viorne et les autres
Sur les buissons du plateau, elles passent pour des malformations sans intérêt. Elles constituent pourtant l’un des relevés les plus faciles à tenir : la forme est stable, l’hôte est connu, et la détermination ne demande ni loupe binoculaire ni prélèvement.
Comprendre ce qu’on regarde
L’organisme responsable — le plus souvent un acarien minuscule du groupe des ériophyides — pique un tissu jeune et y injecte des substances qui détournent la croissance de la plante. Celle-ci construit alors une structure nouvelle, qui abrite et nourrit le parasite.
Ce détournement est d’une précision remarquable : la même espèce d’acarien produit toujours la même forme, au même endroit de la même plante. C’est ce qui rend l’identification possible pour un observateur de terrain.
La plante, elle, s’en accommode presque toujours. Sauf pullulation, une galle n’affaiblit pas un arbuste établi et ne demande aucune intervention.

Quatre galles, quatre fiches
Chaque espèce a sa page, avec sa description détaillée, ses confusions possibles et ce qu’il faut noter sur le terrain.
- Galle du buis — bourgeons terminaux en paquet compact, feuilles gaufrées. Sur les pentes calcaires et dans les haies taillées.
- Galle de la viorne lantane — petites excroissances velues sur la face supérieure des feuilles. Discrète, à chercher à contre-jour.
- Galle de l’aulne glutineux — pustules arrondies bombées dessus, creuses au revers. Au bord de l’eau.
- Galle en bouton de guêtre du chêne — disques feutrés de 3 mm, par dizaines au revers des feuilles.
Reconnaître les galles courantes du secteur
| Plante hôte | Aspect de la galle | Responsable | Où regarder |
|---|---|---|---|
| Buis | Bourgeons en paquet, feuilles gaufrées | Aceria unguiculata | Bout des rameaux |
| Viorne lantane | Petites excroissances velues | Eriophyes viburni | Face supérieure des feuilles |
| Tilleul | Cornes dressées, rouges puis brunes | Eriophyes tiliae | Face supérieure, très visible |
| Érable sycomore | Petites boules rouges sur pédoncule | Pediaspis aceris | Feuilles et fleurs |
| Chêne | Bille lisse, jaune puis brune | Cynips quercusfolii | Revers des feuilles |
| Orme | Poche renflée déformant le limbe | Tetraneura ulmi | Face supérieure |
La méthode tient en deux temps : identifier d’abord l’arbre ou l’arbuste, chercher ensuite la galle dans la liste de celles qu’il héberge. L’inverse ne fonctionne pas — une forme ronde et rouge ne veut rien dire hors de son hôte.
Ce qui mérite d’être noté
- La plante hôte, déterminée avec certitude : sans elle, la galle n’est pas identifiable.
- L’organe touché : bourgeon, feuille, pétiole, fleur, fruit ou rameau.
- La date, car beaucoup de galles changent de couleur et de taille au fil de la saison.
- La commune et le milieu, comme pour toute observation du carnet.
- Une photo à contre-jour quand la galle est velue ou translucide : le relief ressort mieux.
Questions fréquentes
Faut-il traiter un arbuste porteur de galles ?
Non, dans la quasi-totalité des cas. Une galle ne tue pas la plante et n’affecte pas sa croissance de façon notable. Couper les rameaux atteints est inutile, sauf pullulation sur un sujet ornemental jeune.
La galle est-elle produite par la plante ou par l’animal ?
Par la plante. L’acarien ou l’insecte déclenche la formation en piquant un tissu jeune ; c’est la plante qui construit ensuite la structure, avec ses propres cellules.
Peut-on identifier l’espèce sans voir l’animal ?
Oui, et c’est la règle en cécidologie : la forme de la galle, associée à la plante hôte, est propre à une seule espèce. On nomme la galle, ce qui revient à nommer son auteur.
Quand les chercher ?
De mai à octobre selon les espèces. Les galles du tilleul et du chêne sont bien visibles dès juin ; celle du buis se repère tard, jusqu’en automne, car la déformation persiste.
Les galles sont-elles rares ?
Certaines sont très communes, comme celle du tilleul, d’autres beaucoup moins, comme celle de la viorne. Leur présence dépend d’abord de l’abondance de la plante hôte dans le secteur.
Une galle bien notée vaut une espèce de plus au carnet, sans prélèvement ni matériel. Les répartitions et la nomenclature à jour sont consultables sur l’Inventaire national du patrimoine naturel.