Dans une prairie ou sur un talus, une fleur jaune ressemble à un pissenlit un peu fin, posée sur une tige longue et sans feuille. On pense au pissenlit, mais quelque chose cloche : la tige est pleine et poilue, et les feuilles ont un aspect rude. C’est probablement le liondent hispide, que les anciennes flores appellent aussi liondent variable.
Comment reconnaître le liondent hispide ?
La flore de Coste, citée par Tela Botanica, décrit une plante vivace à racine oblique. Les feuilles sont toutes radicales, grandes, larges et arrondies au sommet, oblongues, rétrécies à la base, sinuées ou pennatifides, glabres ou pubescentes. Elles forment une rosette au sol.
Les capitules naissent sur des pédoncules radicaux de 20 à 55 cm, dressés, glabres ou hispides, nus ou portant quelques rares bractéoles au sommet. Chaque tige porte un seul capitule jaune. L’involucre est plus ou moins hispide ou glabre, et les akènes sont rugueux, surmontés d’une aigrette roussâtre à soies plumeuses.

La floraison dure de mai à septembre selon Coste. Cette espèce est polymorphe, et certains pieds sont entièrement glabres, ce qui explique les noms de variétés dans les anciens ouvrages.
Pourquoi dit-on « hispide » ?
« Hispide » veut dire hérissé de poils rudes. L’atlas de la biodiversité Bioto’p du Pallet précise que les poils des feuilles sont plus courts et plus fourchus que ceux du pissenlit, et la tige pleine et poilue, alors que celle du pissenlit est creuse et glabre. Ce critère est le plus pratique sur le terrain.

Une loupe de poche suffit pour les voir. Les feuilles du pissenlit sont, selon la même source, moins poilues et plus profondément découpées.
Avec quelles plantes le confond-on ?
Plusieurs astéracées jaunes à rosette entrent dans la confusion. Le tableau reprend ce que disent Wikipédia, l’atlas Bioto’p et Tela Botanica de chacune.
| Plante | Ce qui ressemble | Critère qui tranche |
|---|---|---|
| Pissenlit (Taraxacum) | Capitule jaune sur tige nue, rosette | Tige creuse et glabre ; feuilles moins poilues et plus profondément découpées |
| Liondent d’automne (Leontodon autumnalis) | Même genre, même allure | Plus petit, sols plus humides, tige florale légèrement ramifiée |
| Liondent des rochers (Leontodon saxatilis) | Rosette basale, capitules solitaires, tiges nues | Tiges glabres, dessous des languettes du pourtour gris violet |
| Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) | Capitules jaunes comme le pissenlit | Feuilles plus larges, plus dentées, moins poilues ; tige parfois à plusieurs capitules |
| Épervières et crépides | Capitules jaunes en composée | Feuilles présentes sur la tige, alors que les liondents n’ont que des feuilles en rosette |
La règle tient en trois mots : une tige, un capitule, des poils. Pour le pissenlit lui-même, la fiche du pissenlit et de ses sosies donne les critères de ses voisins.
Où pousse le liondent hispide ?
Coste indique les prairies et les pâturages de presque toute la France, plus rare dans l’Ouest. Tela Botanica rattache l’espèce aux pelouses basophiles denses, calcicoles, sur sol relativement profond. Le Bioto’p ajoute les talus, les bords de chemins et les lieux perturbés, et note que le fauchage ou le pâturage régulier la favorise.
Les larris et talus calcaires du Vexin-Thelle correspondent à ce type de milieu ; aucune station précise n’est donnée ici. Pour d’autres jaunes de prairie, voyez la fiche du bouton d’or, et pour la méthode, la page sur la manière de nommer une fleur jaune sauvage.
Un record de nectar dans une étude britannique
Wikipédia rapporte qu’une étude britannique sur la productivité en nectar de la flore des prairies a classé le liondent hispide au premier rang des vivaces non adventices. Sa production était presque deux fois supérieure à celle de la meilleure annuelle non adventice. Des plantes classées comme adventices, comme le séneçon de Jacob ou le cirse commun, produisaient davantage encore.
C’est un argument pour laisser en place les touffes d’une pelouse, plutôt que pour la cueillir.
Un statut commun, sans protection
L’inventaire de la flore vasculaire de Picardie du Conservatoire botanique national de Bailleul (version du 26 septembre 2005) classe le liondent hispide indigène, assez commun et de préoccupation mineure. Le liondent d’automne a le même classement, et le liondent des rochers est noté assez rare. Tela Botanica indique pour l’espèce un classement LC dans la liste rouge.
Ces classements datent de 2005 et sont révisés depuis. Aucune protection particulière n’est signalée. Ce guide ne recommande aucun usage de la plante.
Questions fréquentes
Comment reconnaître le liondent hispide ?
Rosette de feuilles basales sinuées ou découpées et rudes, capitule jaune solitaire sur une tige nue et pleine de 20 à 55 cm, fleurs de mai à septembre. Les poils fourchus le distinguent du pissenlit.
Quelle différence entre liondent hispide et pissenlit ?
Le pissenlit a une tige creuse et glabre et des feuilles plus découpées et moins poilues. Le liondent a une tige pleine et poilue, avec des poils courts et fourchus sur les feuilles.
Quand fleurit le liondent hispide ?
De mai à septembre selon la flore de Coste. Les tiges, dressées, mesurent 20 à 55 cm et s’élèvent au-dessus de la rosette.
Où pousse le liondent hispide ?
Dans les prairies, les pâturages et les pelouses sèches, sur sol calcaire ou non, et sur les talus ou les bords de chemins. Le fauchage et le pâturage le favorisent.
Le liondent hispide est-il rare ou protégé ?
Non. L’inventaire picard de 2005 le classe indigène, assez commun et de préoccupation mineure, et aucune protection n’est signalée. Tela Botanica indique LC dans la liste rouge.
Dans la prochaine prairie, approchez-vous d’un capitule solitaire et regardez la tige à la loupe : pleine, poilue, sans feuille. Passez ensuite le doigt sur une feuille de la rosette. Notez le milieu et la date dans le carnet, puis comparez avec la rubrique des fleurs jaunes.
Tela Botanica, Leontodon hispidus : description de Coste, noms et écologie ; Wikipédia, Liondent hispide, Leontodon saxatilis et Hypochaeris radicata ; Bioto’p, Atlas de la biodiversité du Pallet, Liondent hispide ; Conservatoire botanique national de Bailleul, Inventaire de la flore vasculaire de Picardie, version 3a du 26 septembre 2005. Relevé le 4 novembre 2026.
Botaniste de terrain dans le Vexin-Thelle. Elle relève, photographie et détermine les espèces du plateau, des larris calcaires aux fonds humides. Qui tient ce carnet