Flore du Vexin-Thelle
Solène Mabire Solène MabireBotaniste de terrain

Relevés de terrain dans le Vexin-Thelle, Oise · Chaumont-en-Vexin

Flore du Vexin-Thelle Flore du Vexin-Thelle Les fleurs sauvages du Vexin-Thelle, par couleur
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Fleurs jaunes

Barbarée commune : la reconnaître parmi les crucifères

Solène Mabire · 4 novembre 2026 6 min de lecture
La barbarée commune (Barbarea vulgaris) est une crucifère glabre de 30 à 60 cm, aux feuilles vert foncé luisantes dont les inférieures sont lyrées, et aux grappes denses de fleurs jaune vif à quatre pétales, d’avril à août. Ses siliques de 15 à 30 mm se dressent contre la tige. Elle pousse dans les lieux frais ou humides. En Picardie, le Conservatoire botanique de Bailleul la classait en 2005 indigène et assez commune.

Au printemps, une touffe de grappes jaune vif s’élève au bord d’un fossé frais. Les fleurs ont quatre pétales en croix, comme celles du colza ou de la moutarde, et l’on hésite entre trois ou quatre crucifères jaunes. La barbarée commune se distingue pourtant à ses feuilles luisantes, découpées à la base, et à ses fruits fins collés à la tige.

Comment reconnaître la barbarée commune ?

C’est une plante bisannuelle ou vivace de la famille des Brassicacées. Wikipédia lui donne 30 à 60 cm de hauteur, parfois 1 m, et la flore de Coste, citée par Tela Botanica, 20 à 80 cm. La tige est glabre, cannelée, ramifiée dès la base, et la racine est pivotante.

Les feuilles vert foncé et luisantes ne sont pas toutes semblables. Celles de la base, en rosette, sont lyrées-pennatifides : un grand lobe terminal arrondi ou ovale, et deux à cinq paires de lobes latéraux plus petits. Les feuilles du haut sont ovales, dentées ou lobées, et les dernières, sans pétiole, embrassent la tige.

Grappes de fleurs jaunes à quatre pétales et feuilles découpées de barbarée commune (Barbarea vulgaris)
Grappes denses de fleurs jaunes et feuilles découpées de la barbarée commune. Photo : Josep Gesti, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons.

Les fleurs sont odorantes, groupées en grappes denses parfois réunies en panicule. Elles portent quatre sépales colorés qui tombent vite et quatre pétales jaune vif égaux, de 7 à 9 mm. Les pédicelles sont bien plus courts que les siliques, ces fruits de 15 à 30 mm, dressés, à section quadrangulaire.

Trois critères qui tranchent

Un seul critère ne suffit pas, mais les trois ensemble désignent presque toujours l’espèce.

  • Plante glabre, sans poils rudes, à feuilles vert foncé luisantes.
  • Feuilles de base lyrées, avec un lobe terminal nettement plus grand que les latéraux.
  • Siliques dressées, quadrangulaires, portées par des pédicelles courts.
Bordure fleurie de barbarée commune en lisière de bois, avec ses grappes jaunes et ses siliques fines dressées
Une bordure de barbarée commune en lisière : grappes jaunes, siliques fines et dressées. Photo : Sunny365days, CC0, Wikimedia Commons.

Avec quelles crucifères jaunes la confond-on ?

Trois plantes proches entrent dans la confusion, dont deux sont des barbarées. Le tableau reprend ce que disent Wikipédia et Tela Botanica de chacune.

Plante Ce qui ressemble Critère qui tranche
Moutarde des champs (Sinapis arvensis) Fleurs jaunes à quatre pétales, feuilles inférieures lyrées Plante velue-hérissée ; siliques de 25 à 45 mm, bosselées, à bec conique ; fleurs jaune soufre de mai à septembre
Barbarée raide (Barbarea stricta) Feuilles lyrées, fleurs jaunes Une à deux paires de folioles, lobe terminal allongé, jamais en cœur à la base ; boutons floraux velus au sommet
Barbarée printanière (Barbarea verna) Même genre, même allure Plante cultivée, appelée cresson de terre, originaire d’Europe du Sud et de Turquie
Les confusions possibles avec la barbarée commune et le critère qui permet de les départager.

Pour les fleurs jaunes plus hautes sur tige, voyez la fiche des fleurs jaunes sauvages à longue tige, qui compare dix espèces.

Une floraison d’avril à août

Wikipédia indique une floraison d’avril à août, Coste de mai à juillet. Chaque silique contient en moyenne 13 graines, et un pied peut en produire de 40 000 à 116 000, qui restent viables dix à vingt ans dans le sol.

Ces chiffres montrent que la plante peut reparaître longtemps après un décapage ou un curage de fossé. Plante bisannuelle ou vivace, elle forme une rosette basale avant de monter en tige, et les feuilles lyrées de cette rosette suffisent alors à la repérer.

Où trouver la barbarée commune

Elle pousse dans toute la France, Corse comprise, dans les lieux frais ou humides : bords de chemins et de rivières, talus et fossés. Tela Botanica la rattache aux mégaphorbiaies eutrophisées, ces hautes herbes de sols humides riches en nutriments.

Dans le Vexin-Thelle, aucune station précise n’est donnée ici. On cherche d’abord les fossés, les berges et les talus frais, comme pour la pulicaire dysentérique, autre jaune des milieux humides. La méthode générale pour nommer une fleur jaune sauvage aide à situer l’espèce parmi les autres.

Pourquoi l’appelle-t-on herbe de Sainte-Barbe ?

Le nom rappelle sainte Barbe, patronne des canonniers, des artificiers, des métallurgistes et des pompiers. Selon Wikipédia, la plante était censée soulager les blessures liées au feu, en vertu de la théorie des signatures. Elle a aussi été appelée herbe aux charpentiers, parce qu’on l’employait autrefois en emplâtre sur les petites coupures du métier.

Tela Botanica cite en outre girarde jaune parmi ses noms communs, et Coste note une saveur nauséeuse. Ces usages anciens sont donnés pour comprendre les noms : ce guide ne recommande aucun usage de la plante.

Wikipédia indique que la plante est probablement originaire des régions méditerranéennes, alors que l’inventaire picard de 2005 la classe indigène. Les sources ne s’accordent donc pas tout à fait sur son origine.

L’inventaire de la flore vasculaire de Picardie du Conservatoire botanique national de Bailleul (version du 26 septembre 2005) la note indigène, assez commune et de préoccupation mineure. Aucune protection particulière n’est mentionnée par Tela Botanica.

Questions fréquentes

Comment reconnaître la barbarée commune ?

Plante glabre à feuilles vert foncé luisantes, lyrées à la base, avec des grappes denses de fleurs jaune vif à quatre pétales et des siliques dressées de 15 à 30 mm.

Quelle différence entre barbarée et moutarde des champs ?

La moutarde des champs est velue-hérissée, avec des siliques bosselées de 25 à 45 mm et des fleurs jaune soufre. La barbarée est glabre, ses feuilles sont luisantes et ses siliques sont quadrangulaires.

Quand fleurit la barbarée commune ?

D’avril à août d’après Wikipédia, de mai à juillet selon Coste. Les fleurs sont odorantes et groupées en grappes denses, parfois en panicule.

Pourquoi herbe de Sainte-Barbe ?

Parce qu’on lui prêtait le pouvoir d’apaiser les blessures dues au feu, selon la théorie des signatures. Sainte Barbe est la patronne des canonniers, artificiers, métallurgistes et pompiers.

La barbarée commune est-elle rare ?

Non. Elle pousse dans toute la France, et l’inventaire picard de 2005 la classait assez commune et de préoccupation mineure. Aucune protection n’est signalée.

Au prochain fossé frais, regardez d’abord si la tige est glabre, puis si les feuilles de base ont un grand lobe terminal arrondi. Vérifiez enfin que les siliques se dressent contre la tige. Notez le milieu et la date dans le carnet, puis comparez avec la rubrique des fleurs jaunes.

Source

Tela Botanica, Barbarea vulgaris : description de Coste, noms et écologie ; Wikipédia, Barbarée commune, Moutarde des champs et Barbarea verna ; Conservatoire botanique national de Bailleul, Inventaire de la flore vasculaire de Picardie, version 3a du 26 septembre 2005. Relevé le 4 novembre 2026.

Solène Mabire

Botaniste de terrain dans le Vexin-Thelle. Elle relève, photographie et détermine les espèces du plateau, des larris calcaires aux fonds humides. Qui tient ce carnet