Galle de la viorne lantane : la repérer sans loupe
Celle-là ne saute pas aux yeux. Là où la galle du tilleul dresse des cornes rouges visibles à deux mètres, celle de la viorne demande de retourner la feuille et de la regarder de près.
Commencer par l’hôte : la viorne lantane
La détermination d’une galle passe toujours par la plante. Ici, il s’agit de la viorne lantane (Viburnum lantana), arbuste des lisières calcaires, reconnaissable à trois caractères :
- des feuilles opposées, ovales et gaufrées, au bord finement denté ;
- un revers couvert d’un feutrage épais, blanchâtre, doux au toucher ;
- des bourgeons nus, sans écailles, grisâtres et velus — un caractère rare qui suffit à l’identifier en hiver.
Elle pousse en lisière de bois, sur les talus et dans les haies du plateau calcaire, souvent en compagnie du cornouiller sanguin et du fusain d’Europe. À ne pas confondre avec la viorne obier, dont les feuilles sont lobées comme celles d’un érable et le revers glabre.

À quoi ressemble la galle
Les excroissances apparaissent sur la face supérieure du limbe, dispersées ou groupées le long des nervures. Elles mesurent un à trois millimètres, forment des reliefs irréguliers plutôt que des boules nettes, et portent des poils courts qui leur donnent un aspect mat.
Leur couleur suit celle de la feuille : vert pâle au printemps, verdâtre à brun en fin de saison. Sur une feuille fortement atteinte, le limbe se déforme légèrement, sans jamais s’enrouler ni se décolorer franchement. À l’opposé, la galle du buis déforme tout le bouquet terminal et se repère à distance.
Le réflexe utile : regarder la feuille à contre-jour. Le feutrage du revers masque tout ce qui se passe en dessous, mais la lumière rasante fait ressortir le relief de la face supérieure.
Quand et où la chercher
De mai à septembre, sur les viornes de lisière exposées. Les feuilles jeunes, celles du haut des pousses de l’année, sont les plus souvent atteintes : c’est sur les tissus en croissance que l’acarien s’installe.
Dans le secteur, la viorne lantane est présente sans être abondante, et la galle plus rare encore. Le bois de Chambors en a fourni un relevé ; ailleurs, elle se cherche patiemment, arbuste par arbuste. Une absence sur dix pieds ne signifie pas grand-chose. Les autres espèces relevées ici sont réunies dans la page consacrée aux galles du secteur.
Situer la galle parmi les autres
| Plante hôte | Aspect de la galle | Responsable | Visibilité |
|---|---|---|---|
| Viorne lantane | Petites excroissances velues, irrégulières | Eriophyes viburni | Faible, à chercher de près |
| Tilleul | Cornes dressées, rouges puis brunes | Eriophyes tiliae | Très forte |
| Chêne | Bille lisse, jaune puis brune, au revers | Cynips quercusfolii | Forte |
| Aulne glutineux | Pustules arrondies vert clair, face supérieure | Aceria nalepai | Moyenne |
Ce qu’il faut noter
- L’hôte confirmé : viorne lantane et non viorne obier, la distinction se fait sur le revers feutré et les bourgeons nus.
- La face de la feuille où se trouvent les excroissances : supérieure pour cette espèce.
- La taille approximative des galles, en millimètres, et leur répartition sur le limbe.
- La date, l’aspect évoluant nettement entre juin et septembre.
- Une photo à contre-jour plutôt qu’à plat : le relief ne ressort pas autrement.
Questions fréquentes
Cette galle abîme-t-elle l’arbuste ?
Non. Même sur une feuille couverte d’excroissances, la photosynthèse se poursuit et l’arbuste ne montre aucun signe de faiblesse. Aucune intervention n’est justifiée.
Comment distinguer la viorne lantane de la viorne obier ?
Par la feuille : ovale et feutrée en dessous chez la lantane, lobée comme un érable et glabre chez l’obier. Les deux poussent dans le secteur, mais l’obier préfère les sols frais.
Peut-on voir l’acarien ?
Non, pas sur le terrain. Eriophyes viburni mesure quelques centièmes de millimètre et vit à l’intérieur de la galle. On nomme la galle, ce qui revient à nommer son auteur.
Pourquoi est-elle si peu signalée ?
Parce qu’elle est discrète et que son hôte n’est pas très abondant. Sa rareté apparente tient autant au manque d’observateurs qu’à une véritable rareté.
Les répartitions et la nomenclature à jour sont consultables sur l’Inventaire national du patrimoine naturel.