Galle en bouton de guêtre : la reconnaître au chêne
C’est la galle de chêne la plus facile à montrer à quelqu’un : il suffit de retourner une feuille au bon moment pour en trouver quarante d’un coup, parfaitement alignées entre les nervures.
Pourquoi ce nom de bouton de guêtre ?
Chaque galle est un disque aplati de 2 à 4 mm, fixé à plat contre le limbe. Son bord est légèrement relevé et son centre légèrement déprimé, ce qui lui donne l’aspect d’un bouton de guêtre ou d’une pièce de monnaie — d’où le nom latin, numismalis.
La surface est couverte d’une pilosité dense, roussâtre à dorée, qui donne à l’ensemble un aspect feutré quand la lumière est rasante. Jeunes, les galles sont vertâtres ; elles brunissent en fin d’été.
Elles se comptent par dizaines sur une même feuille, disposées entre les nervures secondaires, sans jamais déformer le limbe.

Une guêpe, deux générations : le cycle
Neuroterus numismalis est un cynipide, une petite guêpe de deux millimètres. Son cycle passe par deux générations qui ne produisent pas la même galle, ce qui a longtemps fait croire à deux espèces distinctes :
- la génération sexuée, au printemps, provoque de petites galles allongées et velues, peu visibles, entre les nervures ;
- la génération asexuée, en été, donne les disques caractéristiques que tout le monde remarque.
Les disques se détachent en automne et passent l’hiver au sol, dans la litière, où l’insecte achève son développement. C’est pour cela qu’on les retrouve encore sur les feuilles mortes de novembre. Ce cycle diffère de celui des acariens, comme chez la galle de l’aulne glutineux.
Où la chercher dans le Vexin-Thelle
Sur les chênes pédonculés et sessiles des bois et des haies, partout dans le secteur. Les jeunes sujets et les rejets de lisière, dont les branches basses sont à hauteur de main, sont les plus commodes à examiner.
La méthode tient en un geste : retourner quelques feuilles de rameaux différents entre juillet et octobre. Sur un chêne colonisé, la première feuille retournée suffit généralement. Les autres galles du secteur sont regroupées dans notre page d’ensemble.
Les galles du chêne, côte à côte
| Aspect | Taille | Emplacement | Responsable |
|---|---|---|---|
| Disque plat, bord relevé, feutré roux | 2 à 4 mm | Revers, par dizaines | Neuroterus numismalis |
| Petite lentille plate, bord net, non velue | 4 à 6 mm | Revers, dispersée | Neuroterus quercusbaccarum |
| Bille sphérique lisse, jaune puis brune | 10 à 20 mm | Revers, isolée | Cynips quercusfolii |
| Amas hérissé type bogue, sur bourgeon | 10 à 30 mm | Rameau | Andricus spp. |
Ce qu’il faut noter
- L’espèce de chêne si elle est sûre, sinon simplement « chêne indéterminé » : c’est honnête et suffisant.
- La face concernée : revers pour cette espèce, sans exception.
- Le nombre approximatif par feuille, qui dit l’intensité de la colonisation.
- La date, pour distinguer la génération de printemps de celle d’été.
- Une photo du revers, feuille tenue à plat contre la main : le contraste est meilleur que sur fond de ciel.
Questions fréquentes
Ces galles nuisent-elles au chêne ?
Non. Même à plusieurs dizaines par feuille, elles n’empêchent ni la photosynthèse ni la croissance. Les chênes les hébergent depuis toujours.
Pourquoi parle-t-on de bouton de guêtre ?
À cause de la forme : un disque plat à bord relevé, comme les boutons qui fermaient les guêtres. Le nom latin, numismalis, renvoie à la même image, celle d’une pièce de monnaie.
Que deviennent-elles en hiver ?
Elles tombent avec les feuilles ou s’en détachent avant, et passent la mauvaise saison dans la litière. La guêpe en sort au printemps.
Peut-on ouvrir une galle pour voir la larve ?
C’est possible avec une lame, mais inutile pour l’identification : la forme et l’hôte suffisent. Le carnet gagne plus à une photo qu’à une dissection.
La nomenclature et les répartitions à jour sont consultables sur l’Inventaire national du patrimoine naturel.