Flore du Vexin-Thelle
Solène Mabire Solène MabireBotaniste de terrain

Relevés de terrain dans le Vexin-Thelle, Oise · Chaumont-en-Vexin

Flore du Vexin-Thelle Flore du Vexin-Thelle Les fleurs sauvages du Vexin-Thelle, par couleur
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Galle de l’aulne glutineux : pustules et confusions

L’essentiel

Sur l’aulne glutineux, des pustules arrondies de 1 à 3 mm bombées sur la face supérieure des feuilles trahissent un acarien ériophyide, Aceria nalepai (longtemps nommé Aceria brevitarsa). Elles sont vert clair puis rougeâtres, groupées le long des nervures, et creuses par en dessous. Sans conséquence pour l’arbre.

L’aulne borde presque tous les cours d’eau du secteur, et ses feuilles portent plusieurs galles différentes. Les distinguer demande de regarder deux choses : où se trouve le relief, et de quel côté il est creux.

L’aulne glutineux : l’hôte des bords d’eau

Alnus glutinosa occupe les berges, les fossés et les fonds humides. Sa feuille est facile à reconnaître : arrondie, souvent échancrée au sommet au lieu d’être pointue, avec un bord doublement denté et des nervures bien marquées.

Les jeunes pousses sont collantes au toucher, d’où le nom de l’espèce. En hiver, les petits cônes ligneux persistant sur les rameaux confirment l’identification à coup sûr.

À quoi ressemble la galle ?

Les galles d’Aceria nalepai forment des bosses arrondies et régulières sur le dessus du limbe, souvent alignées le long de la nervure principale et des nervures secondaires. Trois éléments les caractérisent :

  • un diamètre de 1 à 3 mm, constant sur une même feuille ;
  • une teinte vert clair au printemps, virant au jaune puis au rougeâtre en été ;
  • une cavité correspondante au revers, tapissée de poils courts, où vit l’acarien.

C’est ce dernier point qui tranche : la galle n’est pas une simple boursouflure, elle a une ouverture au revers. Retourner la feuille suffit à le vérifier.

Galles arrondies sur une feuille d’aulne
Pustules d’Aceria nalepai sur feuille d’aulne glutineux, bombées dessus et creuses dessous. Photo : janetgraham84new, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Trois galles d’aulne à ne pas mélanger

Aspect Emplacement Responsable Indice qui tranche
Pustules arrondies, 1 à 3 mm Dispersées sur tout le limbe Aceria nalepai Cavité velue au revers
Bourrelets allongés dans l’angle des nervures Le long de la nervure principale Eriophyes inangulis Uniquement à l’aisselle des nervures
Feutrage blanchâtre puis brun, en plaques Face inférieure Eriophyes laevis Pas de relief dessus, juste un duvet dessous
Feuilles perforées, criblées de trous Tout le limbe Galéruque de l’aulne (coléoptère) Morsures, pas de galle : ce sont des dégâts d’insecte
Sur un même aulne, deux ou trois de ces symptômes coexistent souvent.

La nomenclature de ce groupe a beaucoup bougé : les anciennes fiches parlent d’Aceria brevitarsa là où les référentiels actuels retiennent Aceria nalepai. Il s’agit du même acarien ; mieux vaut noter la galle et son hôte, qui ne changent pas. Le même principe s’applique à toutes les espèces de la page sur les galles du Vexin-Thelle.

Quand la chercher

De juin à septembre, sur les feuilles bien développées des rameaux bas. Les aulnes de bord de ruisseau, accessibles depuis un chemin, sont les plus commodes : inutile de monter, les branches basses portent autant de galles que le reste.

Un même arbre peut être indemne alors que son voisin est couvert. Comme souvent chez les ériophyides, la colonisation se fait pied par pied et se maintient plusieurs années au même endroit. On observe la même inégalité chez la galle en bouton de guêtre du chêne.

Que faut-il noter ?

  • L’hôte : aulne glutineux, feuille échancrée au sommet, jeunes pousses collantes.
  • La face où le relief est bombé, et la présence d’une cavité velue de l’autre côté.
  • La position des galles : dispersées, ou strictement à l’aisselle des nervures.
  • La date, la couleur passant du vert au rougeâtre au fil de l’été.
  • Le milieu : berge, fossé, aulnaie marécageuse.

Questions fréquentes

Ces galles sont-elles dangereuses pour l’aulne ?

Non. Même abondantes, elles ne réduisent pas la croissance de l’arbre de façon mesurable. Aucun traitement n’est envisagé en forêt comme au jardin.

Pourquoi deux noms latins pour le même acarien ?

Parce que la révision du genre a regroupé plusieurs espèces décrites séparément. Aceria brevitarsa est le nom ancien, Aceria nalepai celui des référentiels récents.

Comment distinguer une galle d’une piqûre d’insecte ?

Une galle est une structure construite par la plante : elle a une forme constante et une cavité interne. Une piqûre ou une morsure laisse une lésion irrégulière, sans architecture.

Les galles de l’aulne se trouvent-elles ailleurs qu’au bord de l’eau ?

Rarement, puisque l’hôte lui-même est lié aux sols humides. On peut en voir sur des aulnes plantés en ville, le long des bassins et des noues.

La nomenclature et les répartitions à jour sont consultables sur l’Inventaire national du patrimoine naturel.